25 octobre 2012

de Royan à ... Puerto Calero



Diaporama
La première étape de mon parcours entre la France et les îles Canaries fût pour moi une sorte de galop d’essais … réussi !
Cette première navigation en solitaire, aussi longue, m’a permis de me mettre à l’épreuve. J’ai pu enfin réaliser ce que je pensais pouvoir faire … seul !
Mais je vous le confie volontiers ce fût quand même un vrais défi (même s’il était bien mesuré). Je suis heureux de la tournure des évènements. Je peux dire aujourd’hui que le reste de mon programme  est tout à fait à ma portée pour autant que je continue à jouer les cartes de la sécurité et du bon entretien de Chanik.

1385 milles parcourus en 14 jours, cela représente, en moyenne, une vitesse de 4,12 nœuds et une distance de 98,93 nautiques par jours. Voilà de quoi satisfaire les amoureux de chiffres.

Au niveau de la météo, le vent m’a offert un peu toute la gamme de son panel de 0 à 30 nœuds en pointe. Chanik et moi avions encore un peu de gras sous le pied pour assumer jusqu’à au moins 50 nœuds, l’expérience de la traversée de l’atlantique nord (Canada – France) me l’a confirmé cet été. Dans l’ensemble beaucoup de vent de face (les 2/3 du parcours) ce qui m’a souvent obligé à adopter des options de route à l’image de Cassiopée. J’ai commencé seulement à touché  du vent portant à l’ouvert du détroit de Gibraltar et c’est là qu’il a baissé en amplitude.
La mer a toujours été très praticable durant tout le parcours mais une forte houle d’ouest pratiquement permanente (sauf dans les derniers jours pendant lesquels elle est complètement tombée) nous a bien remués.

Je recevais à bord des fichiers météo (Grib) grâce à mon installation radio (BLU). J’ai vraiment apprécié leur exactitude ce qui m’a permis d’anticiper mes options à prendre sur la route et mes réglages de voiles. A la tombée du jour je prenais toujours 1, 2 ou 3 ris dans la grand voile afin de minimiser les manœuvres de nuit seul sur le pont. Il ne me restait plus qu’à ajuster mon génois.

Tiens parlons-en de ce SUPER génois. Une vraie bombe ! Magnifique voile toute neuve fabriquée sur mesure par Delta-voiles. Laurent et Cathy (Voiles Express) à Royan ont vraiment fait un excellent travail ! J’ai pu enfin me servir d’un génois sur enrouleur digne de ce nom. Je n’aurais jamais pu réduire aussi facilement avec le sac à patates précèdent qui était d’ailleurs à bout de souffle.

Je suis parti de Royan avec une petite  appréhension quand à la gestion de mon sommeil. J’avais de bonnes connaissances dans ce domaines mais tout à fait théoriques (sommeil poly-phasique). Mais voilà, en réalité comment çà s’est passé ? En fait, super bien à mon grand étonnement !
Une fois la nuit tombée et que tout était clair j’allais me coucher lorsque le sommeil me gagnait mais je mettais quand-même mon réveil pour m’accorder une heure de repos maximum pendant que Raymond veillait sur le cap à suivre. Au bout de cette heure écoulée je me réveillais  pour faire le point de la situation : les bateaux aux alentours, les conditions météo, le réglage des voiles, la route à suivre, la capacité des batteries, etc. … Une fois que tout me semblait clair, je me recouchais si le besoin de sommeil se faisait ressentir de nouveau. En moyenne je dormais comme ca entre 4 et 5 heures par nuit et ca me suffisait pour le restant de la journée. A l’exception d’une petite sieste rapide dans l’après-midi. Il m’est bien sûr arrivé de me réveiller en plein sommeil car je ressentais que quelque-chose n’était pas normal ou qu’une alarme AIS me signalait la proximité d’un bateau. Il y a eu quand-même certaines nuits plus difficiles que d’autres. Notamment lorsque la météo était forte ou encore la fois ou Raymond m’a lâché en pleine nuit. Au final, je suis arrivé pas trop fatigué et aurais pu durer comme çà pendant longtemps. J’ai bien retenu les conseils de David (coureur au large) à Royan avant de partir. En fait en mer il faut respecter la théorie des 4F : C’est-à-dire, se prémunir conte la Faim, le Froid, la Fatigue et la Frousse … et çà marche !

Je ne voudrais pas clore ce chapitre sans vous parler de CHANIK, ma fidèle partenaire. Belle, gracieuse, douce, sûre … qui sait se faire entendre mais sans jamais me prendre en traître. Je suis prêt à aller jusqu’au bout du monde avec elle pour un peu que je la dorlote et que nous prenions tous les deux le maximum de précautions ! Nous avons eu ensemble notre lot de (petits) déboires mais nous avons toujours fait corps même si ma bonne étoile (de mer) veillait toujours sur nous !

Et bien sur, nous avons aussi reçu notre part de petits et grands bonheurs partagés  … lorsque, je me souviens par exemple d’une nuit magique pleine d’étoiles et de plus éclairés d’une nouvelle lune somptueuse, la mer devenue plate, nous avancions tranquillement  à 7 nœuds avec seulement 12 nœuds de vent sans se faire brasser (pour une fois). Je la sentais glisser sur l’eau, bien dans son élément … « donnes-moi du vent et je te donnerais des milles » … Bernard parlant de Joshua.

En bref, J’ai adoré ! Dans quelques jours, le temps de quelques petits travaux, je partirais à la conquête de cet endroit magnifique … je vous donne donc rendez-vous au retour pour vous raconter tout çà !

A bientôt

24 octobre 2012

Lanzarote



Enfin arrivé aux Canaries (Puerto Calero à Lanzarote) hier dans l’après midi. Eh ben c’était pas trop tôt !
En tous les cas cette première traversée mérite que je vous la raconte un peu plus dans le détail. Je vous prépare donc un futur message dans ce sens.

En attendant voici mes premières impressions :
-       Non les Canaries ce n’est pas jaune … m’enfin !
-       C’est plutôt … volcanique et les maisons toutes blanches créent un contraste aiguë mais … je vous en dirais plus lorsque j’aurais fait le tour de l’île.
-       Il fait très beau et très chaud (entre 25 et 30 °) … voilà un autre été qui commence et le vent souffle régulièrement entre 15 et 20 nœuds dans la journée – le bonheur du marin !
-       Au premier abord les gens sont vraiment d’une gentillesse inouïe ! j’adore les îles aussi pour çà car les valeurs d’intérêt sont vraiment différentes de ce que l’on vit tous les jours sur le continent
Le temps que je récupère un peu de cette traversée, que je re-lise avec intérêt tous vos commentaires et je vous donne RDV dans quelques temps pour la suite de mes aventures Canariennes …

21 octobre 2012

Communications en mer

Tout d'abord je voulais vous remercier pour votre soutien et votre assiduité à suivre mon parcours au travers de ce blog. Cela me touche énormément !

Je voulais en profiter pour vous expliquer comment je communique en mer. Je possède à bord un certain nombre d'appareils qui me permettent de rester en contact avec l'extérieur. Pour cela je dispose, entre autre, d'une radio HF/BLU et d'un téléphone par satellite (Iridium). L'utilisation principale de la radio pour les communications en mer avec la terre est un choix délibéré. En revanche, je privilégie l'Iridium (plus couteux) pour les contacts téléphoniques et comme moyen de secours à la radio.

Avec la radio BLU il ne m'est pas possible d'aller sur internet mais je peux échanger par mail (avec des conditions restreintes d'utilisation). C'est comme ca que je poste des messages qui arrivent directement sur le blog.

C'est Pascale, à terre, qui œuvre dans l'ombre et prends le relais. Elle met régulièrement à jour ma position sur le blog et me transmet vos commentaires qui me régalent tant. Mais je ne pourrais y répondre qu'une fois seulement arrivé en escale lorsque je trouverais une connexion wifi.

Voilà pourquoi je ne suis pas très réactif à vos commentaires pour l'instant et ce n'est pourtant pas l'envie qui me manque. Mais ce n'est que partie remise !

En attendant, Chanik et moi, nous portons à merveille et progressons doucement vers notre première étape. Il ne nous reste plus que 200 nautiques à parcourir pour arriver à destination. Cela peut prendre encore deux ou trois jours selon la météo !

Entre temps, ces derniers jours, nous avons mis à l'eau les deux balises ARGO avec succès et sommes vraiment fiers de participer à ce programme scientifique international.

Hier j'ai fais une première fournée de pain, l'équipage était ravi. Ben oui, dans ces cas-là je mange comme 4 alors j'ai confectionné deux grosses miches. Merci à Marc pour sa recette, je commence à être au point maintenant !

La météo s'est grandement améliorée. Les températures remontent progressivement et je l'avoue de façon agréable. Nous sommes passés, pour Chanik en mode aération car ca commençait un peu à sentir le fauve à l'intérieur et pour ma part en mode short, T-shirt, babouches et lunette de soleil. Les moments chauds de baston sont oubliés maintenant. Ils ont laissé la place au calme et la sérénité. Je me suis même résolu à mettre une traine à l'eau. J'invite donc les poissons à venir se suicider sur ma ligne, je suis prêt à les recevoir. Les placards sont plein de citrons …

Demain grand jour, je vais profiter des réserves d'eau douce qui me reste pour me faire une GIGANTESQUE toilette, histoire de ne pas trop faire fuir les autochtones des Canaries par mon odeur animale. Jusqu'à maintenant, Chanik ne s'en est jamais plainte … je l'adore !

Je vous donne RDV maintenant à Lanzarote, une fois que nous aurons touché terre …

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17 octobre 2012

Raymond

Je vais vous avouer un secret. En fais je ne suis pas vraiment parti seul … Quoi ? Je devine déjà l'étonnement dans vos pensées ! Allons, Jean-Claude Vandame quitte corps de tous ceux (ou celle) qui pensent trop !

En fais je voulais vous parler de mon pilote automatique. Je l'ai surnommé Raymond. Mais pourquoi Raymond ? Allez Jean-Claude, çà suffit maintenant … Parce que Raymond barre (Barre) ou bien encore, Raymond taille (Thaï) la route, … je vous laisse choisir !

En tous les cas Raymond est mon fidèle compagnon qui sait se rendre indispensable. Grâce à lui je peux tranquillement m'occuper de tout un tas de choses à bord, en toute sérénité, et lui confier pendant ce temps la délicate mission de maintenir le cap. Je peux même aller dormir de temps en temps. Il est performant, très docile, infatigable, endurant et (presque) fidèle ! Mais il est tout autant un peu âgé, gourmand en électricité et a besoin d'être ménagé pour rester fidèle, justement.

Le souci avec Raymond s'est qu'il sait tellement se faire oublier en accomplissant sans cesse sa tâche ingrate et répétitive qu'on aurait un peu tendance à l'oublier ! Et là, lorsqu'il s'en aperçoit il se manifeste dangereusement !

Eh bien, c'est justement ce qu'il s'est passé hier …
En pleine nuit, je m'étais assoupi tout habillé sur la couchette sous le vent en laissant Raymond seul à la barre lorsque je suis réveillé tout à coup par le changement de mouvement de Chanik. " Eh Oh, Raymond ! Qu'est-ce qui se passe ? " Et là … personne ne répond ! Je me précipite dehors, déjà tout prêt à intervenir (voilà pourquoi je m'assoupi tout habillé !) et je ne peux que constater l'absence totale de Raymond ! La tuile ! Ou plutôt … la panne ! (pas assez redoutée !)

Et me voilà, avec un vent de 20 nœuds, complètement indifférent à mon souci, à devoir gérer tout seul la bonne marche de Chanik. Cela nous était déjà arrivé lors de notre traversée cet été de Pictou à Royan mais nous étions 4 et je n'étais pas inquiet. A défaut de pouvoir réparer nous nous sommes relayés à tour de rôle à la barre. J'avais donc prévu cette fois d'embarquer, avant de partir, un autre pilote de secours mais il est encore bien au chaud dans sa belle boîte toute neuve, donc pas très efficace ! Je n'avais pas pris le temps de l'installer en me disant " je verrais CA à Lanzarote ". Grosse erreur ! Il fallait donc maintenant intervenir tout de suite et trouver LA bonne solution !

Je mets d'abord Chanik à la Cape, quel confort ! Même par bon vent, çà ce calme d'un seul coup à bord. Idéal pour pouvoir investiguer et intervenir … mais en contre partie çà n'avance plus beaucoup et surtout pas dans la bonne direction !

Donc, Action : je commence à déballer le contenu du coffre arrière (Ben oui, c'est là-dessous que Raymond se cache !). Je vois déjà Marie-No s'esclaffer en me prenant pour un marchand ambulant sur le souk de Marrakech … Il n'est effectivement pas en grande forme notre Raymond ! Le vérin ne tient plus sur son support, la vis sans fin est dévissée et la goupille de liaison avec la barre s'est cassée.

Quatre bonnes heures d'intervention, je vous passe les détails techniques, et nous voilà enfin redevenus copain Raymond et moi.

Pardonnes moi, mon vieux Raymond, je t'avais peut-être un peu trop négligé ! Je ne recommencerais plus. C'est promis … et surtout, dés mon arrivée à Lanzarote, je te mettrais en place ta compagne, " Raymonde " ? (pourquoi pas !) on verra plus tard pour son petit nom à elle !

Maintenant je compte sur ma bonne étoile (de mer) pour que Raymond ne me fasse pas un autre caprice d'ici l'arrivée. Je ne vous raconte même pas comment je le bichonne maintenant, mon Raymond !

Moralité : il ne faut jamais négliger ceux qui font tout pour toi, … dans l'ombre !

Une autre fois, je vous parlerais de " Sam " et " Linotte " … finalement, pour un voyage en solitaire, on est quand même assez nombreux à bord, vous ne trouvez pas ?

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14 octobre 2012

Cap Finistere

Ca y est ! Ouf … enfin : Chanik et moi sommes en train de franchir le Cap Finistère (Nord-Ouest de l'Espagne). Nous pouvons désormais mettre du sud dans nos voiles et prendre le cap direct sur les Canaries. Cerise sur le gâteau, le vent devient portant pour la première fois depuis le départ (il y a 5 jours maintenant) – Alléluia !



Le Golfe de Gascogne n'a pas démenti à sa réputation et nous a mené la vie dure. En ce moment la mer est encore un peu forte mais venant de l'arrière c'est presque une rigolade ! Nous avançons donc à une moyenne de 8 nœuds avec encore 3 ris dans la grand-voile et le génois enroulé à moitié. Le baromètre remonte tranquillement (je ne peux pas m'empêcher de penser à Gilles dans ces moments là) et nous allons vers le beau. La vie à bord est presque revenue normale. Après la pétole des premières heures, jusqu'à maintenant, on se serait cru un peu à Beyrouth ! Je vais enfin pouvoir enlever mon ciré pour dormir – bonheur suprême !



Notre prochain objectif, avant d'arriver sur l'ile de Lanzarote, sera de (tenter) la mise à l'eau d'une ou deux bouées Argo embarquées avant le départ. Sinon, il me restera encore deux autres points de largage possible en allant sur Dakar.



Lorsque le ciel n'était pas trop couvert j'apercevais, en fin de nuit et au levé du jour, la lune, magnifique et imperturbable … plaisir céleste !

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11 octobre 2012

Depuis 48 heures ...

… eh oui, déjà ! Cela passe tellement vite.

 

Il faut d'abord que je vous parle du départ : La première journée fût … « éprouvante », c'est le bon mot. La météo annonçait un petit de vent de face. Bingo ! Les prévisions étaient bien justes ! Je me suis donc battu pendant 24 heures contre ces « trop » belles conditions pour tenter de faire avancer CHANIK. « Donnes moi du vent et je te donnerais des milles » aurait écrit Bernard MOITESSIER pour faire parler son bateau JOSUHA.

 

Donc au début, j'ai fait contre mauvaise fortune, bon cœur et je profitais donc de ce magnifique soleil sur une mer lisse comme un miroir. Nous nous contentions donc du tout petit vent. Il arriverait bien un jour et il n'y avait pas le feu au lac de toute façon ! Mais à la longue, … au milieu des passes sud de l'estuaire de la Gironde, je commençais, quand-même à trouver le temps un peu long entre Soulac et le phare de Cordouan. Je ne pouvais quand même pas subir trop longtemps et j'enchainais donc virements de bords sur virements de bords pour tenter quand même d'exploiter le minimum offert.

 

Lorsque la nuit commençait à tomber, je voyais encore bien la terre … malheureusement ! Et toujours pas de vent en vue … ou si peu. En pleine nuit je me suis même retrouvé au milieu d'une quinzaine de pêcheurs qui me tournaient autour et moi planté là, je ne pouvais rien faire. Je me suis donc résigné à lancer la Bourrique (fraichement réparée) pour me sortir de cette arène où je n'avais pas ma place.

 

Au final : 47 nautiques en 24 heures, et moins de 2 nœuds de moyenne … Une bonne ballade à pied quoi !

 

En revanche, dame nature, pour me récompenser de ma patience, m'a offert un premier coucher de soleil de toute beauté, une nuit magique accompagnée de la lune et de ma bonne étoile (de mer) …

 

Les journées se suivent et ne se ressemblent pas ; aujourd'hui il y a 25 nœuds de vent, j'ai pris 2 ris dans la grand voile et réduis mon (beau) génois de moitié. Là, j'avance au près entre 5 et 7 nœuds  

09 octobre 2012

"François Guillon met le cap sur le cap Horn"

Photo et article de Jacques BRAUT
Merci Jacques pour ce bel article.

Tout est en ordre maintenant. La "Bourrique" est dépannée. Merci à " DE Marine" à Saint Sulpice de Royan pour son efficacité ...

Cette fois c'est la bonne !

A Bientôt

06 octobre 2012

Faux départ

La "Bourrique"
Les évènements ne se déroulent pas toujours comme dans les rêves ! C'est ce qui fait le charme de la vie, non ?

Me voilà donc de retour à la case départ, au port de Royan. En effet, La "bourrique" me crée quelques soucis - Je vous raconte :

Mon vénérable ami Yves me larguait donc les amarres, ce matin, à 10h45 et voilà vot' Fanch, enfin parti, fier comme Artaban et le cœur empli de joie. Un temps de curé (voir même de Cardinal car Éole ne se décidait vraiment pas à se lever) m'accompagnait jusqu'au milieu de l'estuaire de la Gironde. Je prenais donc tout mon temps pour hisser mes belles voiles fraichement révisées par "Voiles Express" (à noter au passage l'efficacité, la gentillesse et la disponibilité de Cathy) et dérouler mon beau génois tout neuf (Merci cette fois à Laurent et Delta voiles).

Au bout de deux heures de mer, après multe montées et descentes entre la table à carte et le cockpit je découvre avec effrois le planché du carré légèrement humide. Là en quelques secondes je ressens le même désespoir qu'un enfant qui assiste impuissant à l'écroulement de son château de cartes. Un rapide coup d’œil dans les fonds et je découvre une belle piscine qui fait flop flop.

Il ne m'a pas fallu beaucoup de temps pour me décider à faire demi-tour. Je ne pouvais pas entamer ce très long périple avec des cales qui se remplissent à vue d’œil !

Quelques minutes d'investigation me permettent alors d'identifier le problème : Une grosse fuite d'eau qui provient du circuit de refroidissement du moteur. La pression descend alors d'un seul coup dans ma tête car de savoir le pourquoi du comment me rassure !

"Allo Yves", et 2 heures encore plus tard il est de nouveau présent sur le quai mais cette fois pour m’accueillir au ponton visiteur. Ah Royan, je ne pensais pas que tu me manquerais aussi vite ! Et nous voilà tous les deux en quette d'un mécanicien (un samedi après-midi, sur le port de Royan, ça ne coure pas vraiment les rues, les quais en l’occurrence, non plus). Ben si en fait ! On m'en indique un, là-bas justement qui travaille sur les bateaux. Je lui coure après, je lui explique mon problème et il me promet de venir jeter un coup d’œil un peu plus tard. En attendant, Yves se plonge dans la documentation du moteur pour identifier le problème et moi je commence une longue, très longue, séance de nettoyage des cales. Je retire quand même près de 150 litres d'eau (j'ai compté 15 seaux à raison de 10 litres par seau, vous pouvez vérifiez les comptes si vous voulez ! ). Notre cher "David" tant attendu nous confirme que le "coude d’échappement" à la sortie du "collecteur d'échappement" est percé. Il faut donc le changer ! Ben voilà, c'est si simple finalement ! 

Facile à dire en fait car l’accès à la "Bourrique" semble plutôt l'affaire d'un contorsionniste (tout à fait moi, bien-sûr, surtout depuis que je suis armé en acier dans le dos ! ). De plus il n'est pas certain de pouvoir se procurer cette pièce rapidement. La fin d'après-midi approchant et la faim dans nos estomacs se manifestant, on décide donc de faire une pause. Demain dimanche je plongerais dans les entrailles de la bête pour y extraire la partie gangrénée. Et lundi matin, aux aurores, je verrais avec "Daniel" les délais d'approvisionnement possibles de la pièce mise en cause.

Réconfort
Rien de mieux qu'un bon plat de moules frittes accompagné d'une Corona pour se remonter le moral sur le front de mer. Demain il fera jour m'aurait dis ma grand-mère !

En fait dans l'histoire, j'ai eu beaucoup de chance. Je bénie ma bonne étoile (de mer) que ce problème soit arrivé maintenant car imaginez un peu ... si ... à Dakar juste avant d'envisager remonter le Siné Saloum ... ! Il aurait alors été préférable que j'embarque avec moi une armée de Shadoks plutôt que l'équipe médicale prévue pour la mission.

En tous les cas, Merci à vous tous qui me suivez dans cette aventure qui je vous le promets va bientôt commencer !

En attendant le déroulement du programme prévu ... suite au prochain numéro !

Jour J

Cà y est ... CHANIK et moi sommes enfin prêt à appareiller !
Nous arrivons au terme de 3 longues semaines d'intenses préparations à Royan.

Notre destination : LANZAROTE, l'île la plus au Nord-Est de l'archipel des Canaries. Une petite quinzaine de jours de mer devraient nous suffire pour parcourir cette distance de 1300 nautiques.

Tout est clair à bord pour partir dans de bonnes conditions, les prévisions météo sont correctes et ma bonne étoile (de mer) veille sur moi comme un ange gardien. 


05 octobre 2012

Projet Argo

Au cours de ma descente vers Dakar, je vais participer à une mission scientifique baptisée "Projet Argo". 

ARGO est un programme international, sous l'égide de l’UNESCO,  qui utilise des balises pour mesurer la température, la salinité et les courants de la couche supérieure des océans. Ce projet propose de mieux comprendre les interactions océan atmosphère. Il permet de prédire les impacts des changements climatiques sur les communautés côtières, de mieux gérer les incidents naturels ou pollution et de protéger les écosystèmes marins en vue de leur utilisation durable. 

Pour faire ses mesures, des capteurs (balises) sillonnent les océans et mesurent en permanence des données de la mer. Ces mesures sont ensuite transmises par satellite aux organismes scientifiques comme par exemple, l'IFREMER, le CNES, le CNRS, METEO-FRANCE et le SHOM.
 

Ma participation à ce projet avec "Voiles sans Frontières", consiste à embarquer 2 balises que je devrais mettre à l'eau sur mon parcours.

Le principe de fonctionnement de ces balises est le suivant : Elles plongent, de façon autonome, pendant 10 jours jusqu'à 2000 mètres de profondeur. Pendant cette période elles enregistrent des données (température, salinité, immersion, courant). Ensuite elles remontent en surface pour émettre leurs enregistrements vers les satellites. Puis elles repartent pour un autre cycle de 10 jours...ainsi de suite jusqu'à la fin de vie de la balise (en moyenne 4 ans).

02 octobre 2012

"Pictou - Royan" en vidéo

En attendant le grand départ prévu pour cet fin de semaine, je vous propose de partager en images une autre belle aventure : Nous étions 4 au départ de Pictou (au nord de la nouvelle écosse) à la mi-juillet et nous sommes arrivés un mois plus tard à Royan, heureux d'avoir vécu une si belle expérience humaine et maritime ...



Merci à toi Marc pour cette vidéo qui relate notre traversée de l'atlantique nord cet été à bord de Chanik

01 octobre 2012

Ecole élémentaire Célestin Freinet

Le projet « Objectif Cap Horn » a été proposé à une classe de CM2 de l'école Célestin Freinet de Mulhouse en Alsace.

En parallèle de l'école élémentaire de Saint Jean d'Arvey, en Savoie, des échanges avec les élèves de CM2 sont prévus tout au long de mon voyage avec notamment un temps fort lors d’une communication téléphonique en direct au moment du passage du Cap Horn.

L'idée est d'entretenir une correspondance régulière avec les élèves de CM2 afin de susciter leur intérêt pour les différents pays où je ferai escale pendant l'année scolaire.

Le projet sera exposé aux élèves par l’enseignante et les parents d’élèves investis dans ce projet.

Durant mon parcours, je raconterai périodiquement mon voyage et mes rencontres. Je resterai à l'écoute des élèves pour répondre à leurs questions.

Les matières travaillées à travers ce projet sont :

la géographie (noms des pays et des océans, lecture de cartes, populations rencontrées…)
les sciences (milieu marin : faune et flore…)
les mathématiques (calculs de distances, de durées, de vitesse…)
l'informatique (compétences du B2I…)
la langue française (maîtrise de la langue pour envoyer un message correctement rédigé…)
l'écologie (réchauffement climatique, pollution des mers, sécheresse, inondations, cyclones…)
les arts plastiques (reproduction de cartes marines, planisphère…)

 
Une correspondance avec l'école élémentaire de Saint Jean d'Arvey permettra de recueillir et d’échanger les informations et les émotions des élèves.